mercredi 10 décembre 2008

L'épuration ethnique en Alsace-Moselle dans l'immédiat après-guerre

Le collectif Unsri Heimet a pour objectif premier de mettre en lumière les passages occultés de notre Histoire par le pouvoir central parisien afin de sensibiliser nos compatriotes aux crimes (les bien-pensants et les ignorants parlent volontiers de maladresse) perpétrés au nom de l'unité et de l'indivisibilité de la France. Nous avons donc sélectionné aujourd'hui pour vous un extrait du livre "la Lorraine mosellane 1918-1946" dans lequel l'auteur, Joseph Rohr, fait voler en éclats les idées reçues sur l'Alsace-Moselle et révèle certaines méthodes utilisées par la République française, défenseuse devant l'Eternel des droits de l'Homme et donneuse de leçons de démocratie au reste du monde mais qui, au lendemain de la première guerre mondiale s'est livrée, sur son propre sol, à une épuration ethnique sans précédent. Au total, une centaine de milliers d'Alsaciens, sans distinction d'âge ou de sexe, ont été contraints de quitter l'Alsace-Moselle dans des conditions déplorables. Les planificateurs de ces actes odieux n'ont jamais été jugés. N'oublions pas qu'en 1940, les nazis, enivrés de l'idéologie jacobine, en feront de même avec les individus et les familles considérés (souvent à tord) comme francophiles... au lecteur de juger désormais ces faits.

*
Le premier contact entre la France et les provinces recouvrées a été marqué par un élan irrésistible vers la France mais bientôt après se produisit une réaction contre les tendances excessives d'unification, ce qui est connu sous le nom de "malaise alsacien-lorrain":

1) Un des premiers malentendus est né de la germanophonie en Alsace-Lorraine, les Français croyant dans leur grande majorité que celle-ci était une importation allemande postérieure à 1871. En fait, les parlers allemands en Alsace-Lorraine remontent à plus de quinze siècles. Plus ou moins bien compris par la population dans son ensemble avant 1871, le français n'était vraiment parlé que dans la bourgeoisie. Il n'y a eu importation linguistique allemande que dans les zones francophones des régions messine et vosgienne. Elle fut d'ailleurs nécessairement d'ordre scolaire et d'une efficacité très inégale.

2) Beaucoup de Lorrains ayant servi dans l'armée allemande pendant la guerre de 1914-1918 ne purent revenir qu'après l'armistice, lorsque les Français avaient déjà fait leur entrée. Ils furent reçus avec une animosité méfiante, comme des prisonniers ennemis, encadrés de troupes baïonnette au canon et dirigés vers une forteresse. Ce n'était sûrement pas leur faute d' avoir servi dans les rangs allemands...

3) L'idée d'une classification de la population d'Alsace-Lorraine avait été proposée par l'abbé Wetterlé à la conférence d'Alsace et de Lorraine qui prescrivit dès le 19 et 26 avril 1915 de subdiviser la population en 4 catégories : A - B - C - D. Dès l'entrée des troupes, les Mairies furent averties d'établir des cartes d'identité qui servaient en même temps de pièces de légitimation. La carte A fut délivrée d' office aux Alsaciens et Lorrains qui avaient eu la nationalité française avant 1870 ou à ceux dont les parents et grands-parents avaient été dans ce cas. Ils furent "réintégrés de plein droit".

Le traître calotin Emile Wetterlé

[L'ancêtre de l'abbé Wetterlé, Laurent Widelin, était immigré (p.11) d' Adelshausen (Allemagne). Son fils Jean Thomas, mort à Colmar le 29.1.1786, avait épousé à Wintzenheim (H.-Rh.), le 7.5.1742, Madeleine Blindin. Les enfants ont transformé leur nom Windelin en Wetterlé].

Reçurent la carte B ceux dont l'un des parents était de descendance étrangère.

La carte C fut délivrée à ceux dont les parents des deux côtés étaient nés dans un pays allié ou neutre.

Reçurent la carte D les étrangers originaires des pays ennemis (allemands, autrichiens, hongrois, etc.) et leurs enfants, même s'ils étaient nés en Lorraine.

D'après le recensement de 1920, la ville de Sarreguemines comptait 14 187 habitants, dont 7 7 14 personnes avaient été réintégrées de plein droit. (Communication de M. Charles Langguth, mairie de Sarreguemines). Ces cartes d'identité ont joué un grand rôle lors de l'échange de l'argent allemand et des élections et pour la circulation dans le pays.Les titulaires de la carte D et des indésirables durent quitter le pays. Ainsi, de décembre 1918 à octobre 1920, 100 000 Allemands, dont 14 000 fonctionnaires, les uns de gré, les autres de force, quittèrent le pays. Parmi les volontaires figura Mgr. Benzler, évêque de Metz, qui dut démissionner le 12 janvier 1919. Il avait reçu l'ordre de se présenter, le 27 avril 1919, à la gare centrale de Metz. Grâce à l'intervention de son successeur, le vicaire général de Metz, Pelt, cet ordre fut retiré et Mgr. Benzler put quitter, le 27 août, son diocèse par Sierck-Perl. Les vicaires généraux Pelt et Cordel et le Chanoine Collin l'accompagnèrent jusqu'à la frontière. Il est décédé le 16 avril 1921 à Lichtental, archevêque titulaire d' Attala; il fut enterré à l' abbaye bénédictine de Beuron. (Un prédécesseur de Mgr Benzler, Mgr Dupont des Loges, bien que né à Rennes le 11.11.1804, avait pu cependant continuer d'exercer ses fonctions d'évêque sous la domination allemande jusqu'à sa mort, survenue le 1 8 août 1886).
(p.12)

N.B. Les circonstances du départ de Mgr Benzler soulevèrent à Metz une émotion considérable, le prélat allemand ayant fait preuve d'une grande compréhension à l'égard de la population mosellane.

DOCUMENT ORDONNANT LE RAPATRIEMENT DE MGR. BENZLER
Commissariat de la République
Service spécial
des
Rapatriements p. l'Allemagne
N° 14bis

Benzler Willibrord, 66 ans - Sa soeur, 5 1 ans et Amann Ottmar, 51 ans. Rapatrié volontaire : M. Mgr. Willibrord Benzler, âgé de 66 ans , Profession : Evêque, Domicilié à Metz, 15 , Place Ste Clossine, est avisé que sa demande de rapatriement est acceptée. En conséquence, le Commissaire de la République lui donne l'ordre de se trouver le 27 août 1919 , à 9 1/2 heures du matin, à la gare centrale de Metz.Le rassemblement aura lieu dans la grande salle des PasPerdus de la gare.Chaque voyageur pourra emporter:

1 . Un maximum de 30 kg de bagages à main.
2. Deux jours de vivres.
3. Un maximum de 2000 M. par personne majeure et 500 M. par enfant, en billets de banque allemands.
Toute somme supérieure sera confisquée. Il est interdit d'emporter soit de l'or, soit de l'argent monnayés, soit des billets de banque français ou alliés, soit des lettres.

(p.13) Les personnes qui, pour une raison quelconque reconnue non valable, manqueraient le départ au jour fixé, se verront refuser ultérieurement toute autorisation. Chaque voyageur devra avoir pris son billet de chcmin de fer à la gare de Metz avant de se présenter au chef de convoi. Les guichets de la salle des Pas-Perdus délivreront les billets depuis l' avant-veille, jusqu' à l'heure de la convocation.

Metz, le 22 août 1919.
Pr. le Commissaire de la République
Le Chef de Service Spécial de Rapatriement.
Timbre : Le Commissaire de la République
rouge : Metz, Service spécial. Rapatriement,
Signature : (illisible). Visa du Contrôle sur le quai.

Cette convocation sera présentée à l'autorité militaire à l'arrivée à la gare de Metz (Salle des Pas-Perdus). (Elsass IV, p. 407).

lundi 8 décembre 2008

Die "Drei Raüber" auf Elsässische

Der elsässische Zeichner und Karikaturist Tomi Ungerer kann endlich eines seiner beliebtesten Kinderbücher auch in seiner Muttersprache lesen. Über 40 Jahre nach ihrem Erscheinen ist die Geschichte der "Drei Räuber", von der weltweit rund zwei Millionen Exemplare in zahlreichen Sprachen verkauft wurden, nun auch ins Elsässische übersetzt worden. "Das war höchste Zeit", sagte Ungerer bei der offiziellen Vorstellung der "Drei Raiwer" in Straßburg.

Die dreisprachige Ausgabe erzählt in Elsässisch, Deutsch und Französisch die Geschichte von den "drei grimmigen Räubern" ("drei wieschti Raiwer") und dem kleinen "Maidele Tiffany", das die Bösewichte in Wohltäter verwandelt. Der 77-jährige Ungerer hat das Buch während seiner Jahre in New York geschrieben. Die erste Ausgabe erschien 1962 in Englisch, ein Jahr später folgte die deutsche Version. Eine Übersetzung ins Elsässische sei lange Zeit undenkbar gewesen, betonte der Präsident der Region Elsass, Adrien Zeller. Noch vor drei Jahrzehnten sei das Elsässerdeutsch verpönt gewesen.

Der aus Straßburg stammende Ungerer setzt sich seit vielen Jahren für den Erhalt des Elsässischen ein, seiner eigenen Muttersprache. So unterstützte er aktiv eine Elternvereinigung, die Anfang der 90er Jahre die ersten privaten zweisprachigen Kindergärten einrichtete.

Das "jakobinische Frankreich" habe lange Jahre versucht, die Regionalsprachen in Frankreich auszurotten, sagte er bei der Vorstellung des Buches. Dies sei aber nicht gelungen.

http://de.news.yahoo.com/2/20081206/tpl-tomi-ungerers-drei-raeuber-nun-auch-ee974b3.html


lundi 1 décembre 2008

Die Spitznamen im Elsass

Reich an Spitznamen ist der Elsass, wie uns Prof. Aug. Stöber in einer Zusammenstellung derselben (Frommann, III, 482) zeigt. Jeder Franzose heisst dort ein Welscher. Die welschen Lothringer heissen Hannickel, Jean Nicolas oder blos Nickel, weil bei ihnen diese Vornahmen häufig vorkommen. Die Deutschen werden vorherrschend Hankele oder Schwôwe (Schwabe) genannt. Die ältern Spottnamen derselben: Kostbeutel, Knepfelbüch, Eierküchefresser werden jetzt seltener gehört. Die Sundgauer heissen die Hütbigott, die Bewohner des südlichsten Theils des Sundgaues Spausen, d.i. Diebsgesindel; die Unterländer an der pfälzer Grenze wegen ihrer näselnden Sprache Pexen, die Walddörfer Kukuke, die zwischen der Ill und dem Rheine Wohnenden Rhînschnoke; die Bauern im Ackerlande Latze, im Ried Kârste oder Karsthanse, Spatze, Dreckspatze (von Spatz = Spaten); in Mülhausen Zwilche und Ruckele; die Gemüsegärtner in Strasburg Krüttkepf, Krüttdorsche, und die Sanct-Aurelienkirche, wohin sie eingepfarrt, heisst d'Gagummer, Gurke. Die Katholiken nennt man Kritzelmacher, die Lutheraner (lutherische) Dickkepf, die Reformirten Spitzkepf, in Mülhausen Grane, auch Graustrümpflen, die Wiedertäufer wegen ihrer langen Bärte Motts (Geisböcke), die Pietisten Mucker, Stündler, Joggler oder Joggelüner; die Zigeuner Heiden, die Juden Stinker.

Manche Spitznamen spielen auf die gewöhnliche Beschäftigung der Bewohner eines Orts an, so für Arzenheim Karresalwe, für Ober-Aspach Kiwwelbrüder, für Feldbach Liemsieder, für Geibenheim Käsknäcker und Rebmesser. Andere dieser Spitznamen haben wieder andern Ursprung. In Oberbergheim war ein Freihof, die Bewohner heissen Todtschläger. Viele Orte waren Residenzen von Fürsten und Grafen, davon heissen die Bewohner von Buchs- und Bischweiler Platteschlecker, die von Pfirt Tellerschlecker, die von Ruffach Pappeschlecker. Die von Griesheim heissen nach ihrem Patron Pancratius Pankraze. Noch andere dieser Namen knüpfen sich an geschichtliche Begebenheiten, an erdichtete und aufgebürdete Schwänke. So heissen die Strasburger Meiselocker, die Türkheimer Lochschlupfer, die Kolmarer Knepfler, die Pfaffenheimer Bannsteinrucker, die Flaxlander Engeleschmelzer, die Bartenheimer Liène (Bastseile), die Baldersheimer Schneckeschleger, die Diedenheimer Mehldesch (Mehlsuppe), die von Illzag Mondfänger, die Kilstetter Fröschevertrenker, die Wangenauer Bertscheklopfer (von Bersich, Barsche, ein Fisch), die Baumstätter Sunnefänger und Hexenzange, die in Wettelsheim Gottvergesseni. Manche haben ihre Spitznamen auch von ihrer Lage erhalten; so heissen Ortschaften, die in der Niederung liegen, Sandhase; Zellenberg, das nur Eine Strasse und Ein Thor hat, wird Bachoffe genannt. Mehrere Oerter, in denen viele Esel gezogen werden, heissen Eselsuniversitäten.

http://www.zeno.org/Wander-1867/A/Eselsfresser

samedi 22 novembre 2008

Dem Beispiel Elsass folgen?

"Als Journalist hat Hartmuth Staffler über 40 Jahre die politische Entwicklung in Südtirol und die Minderheitenfragen in ganz Europa aufmerksam verfolgt. Er sagt, dass Süd-Tirol in dieser Zeit wirtschaftlich reicher, aber geistig-kulturell ärmer geworden ist. Das Geschichts- und Identitätsbewusstsein der Tiroler südlich des Brenner schwindet, die Bindung an unseren deutschen Sprach- und Kulturraum, an unser Land Tirol und unser Vaterland Österreich wird immer schwächer. Damit befindet sich Süd-Tirol auf dem Wege der Verelsässerung, der damit endet, dass sich die Süd-Tiroler als Italiener empfinden. Von unserer Sprache bleibt, wie im Elsaß geschehen, nur etwas Dialekt übrig, von unserer Kultur nur etwas Folklore."


L'Alsace, un exemple à suivre?

"En sa qualité de journaliste, Hartmuth Staffler a suivi avec attention depuis plus de 40 ans le développement politique du Tyrol du Sud ainsi que les questions relatives aux minorités dans toute l'Europe. Il affirme que si le Tyrol du Sud s'est de nos jours économiquement enrichi il s'est culturellement et spirituellement appauvri. La conscience historique et identitaire du Tyrolien au sud du Brenner (rivière séparant le Tyrol du nord et celui du sud) disparait, le lien entre l'espace culturel et linguistique allemand, notre pays le Tyrol et notre patrie l'Autriche s'affaiblit. Ainsi, le Tyrol du Sud se trouve sur la voie de l'alsacianisation, qui conduit le Sudtyrolien à se sentir italien. De notre langue, il ne subsiste, comme en Alsace, plus qu'un dialecte, de notre culture plus qu'un folklore."

Quelle/source: http://www.suedtiroler-freiheit.com/content/view/647/89/

dimanche 16 novembre 2008

Am Anfang war der Tod


"Ich war im Kriege immer bestrebt, den Gegner ohne Hass zu betrachten und ihn als Mann seinem Mute entsprechend zu schätzen. Ich bemühte mich, ihn im Kampf aufzusuchen, um ihn zu töten, und erwartete auch von ihm nichts anderes. (...) Wenn mir später Gefangene in die Hände fielen, fühlte ich mich für ihre Sicherheit verantwortlich (...)."

Ernst Jünger, In Stahlgewittern

lundi 10 novembre 2008

90 ans après, l'Histoire nous parle

On nous adresse souvent le même reproche: "Qu'avez-vous à vous plaindre Alsaciens-Lorrains, vous vous retrouvez toujours aux cotés du vainqueur!". L'Alsace-Lorraine a été à travers les siècles un enjeu entre deux grandes puissances européennes et notre le cours de notre Histoire n'a pas été un long fleuve tranquille. Combien d'entre-nous comptent arrière-grands-pères, grands-pères, oncles, tantôt français, tantôt allemands, qui ont loyalement versé leur sang pour leur patrie du moment. Morts ou disparus loin de leur Heimet. Russie, Bessarabie, Normandie, Lettonie, Italie, Indochine, Algérie. Ils furent environ 30000 hommes à périr entre 1914-1918, 40000 en 40-45. Pour le reste, les survivants, ce sera le retour au pays, dans l'uniforme du vaincu, le sentiment de honte et le mutisme qui l'accompagnent. "Darinnen liegt begraben, so mannicher Soldat". Le célèbre chant populaire d'antan "O Straßburg" est là pour nous rappeler le lourd tribu payé par notre pays. Cependant, 90 ans après cette première boucherie moderne, qu'en ont retenu les Alsaciens?

Il y a chez l'Alsacien un défaut de mémoire que n'ont pas d'autres peuples conscients et fiers de ce qu'ils sont. Car notre Histoire complexe, peut-être trop difficile à assumer, a tout simplement été remplacée par une image vulgairement simpliste et partiale. Une image à forte dominance bleu-blanc-rouge. Les cérémonies hautes en (tri)couleurs, les discours patriotiques, les lettres de "Poilus" récités dans une langue inconnue de nos ancêtres, les Marseillaises chantées avé l'accent par les élèves de primaire sont là pour nous prouver que les Alsaciens-Lorrains, alors sous uniforme Feldgrau, sont morts le cœur français! Face à cette falsification, personne ne s'étonnera que sur nombre de cénotaphes d'Alsace-Moselle, est gravé pudiquement "à nos morts" et non "morts pour la France" comme c'est le cas outre-Vosges. L'Histoire, nous le savons, est toujours réécrite par le vainqueur mais ce vernis opaque, lui, se fend petit à petit puis fini par disparaitre. Tout n'est qu'une question de temps... du temps pour comprendre enfin notre Histoire et rendre hommage à ceux qui sont tombés.

Conscients des nationalismes destructeurs, nous appelons à la construction d'une Alsace émancipée, consciente de son Histoire à la fois riche et complexe, de son héritage culturel et de son importance géographique. Qu'elle devienne un pont entre l'Europe de l'Ouest et la Mitteleuropa, ancrée dans une Europe résolument fédérale et respectueuse des identités charnelles. Telle était la vision à la fois pacifique et moderne tant désirée par nos aïeux. Europa. Telle est notre destinée. Telle sera la voie à suivre pour nous et les générations futures. Tel sera le défi à relever. Treue Heimet! Elsass!


Müsst nur den Gedanken wagen
und ans andre Ufer sehn:
Tausend Brücken sind zu schlagen,
tausend Tore offen stehn

vendredi 31 octobre 2008

Eidgenössische Republik Mülhausen

“Alors que la plupart des peuples de l'Europe, notamment la France, aujourd'hui si fière de sa liberté, gémissaient encore sous le joug dégradant de la servitude, nous étions déjà des hommes libres (homines liberi et ingenui); alors que, ayant à peine conscience de leurs droits d'homme, ils vivaient sujets de princes grands ou petits, séculiers et ecclésiastiques, nous étions déjà les citoyens libres d'un état souverain et indépendant, capables de nous gouverner nous-mêmes...”
La suite, retraçant l'histoire de Mulhouse, ville libre d'Empire puis République membre de la confédération helvétique, ici:

jeudi 23 octobre 2008

Sür un Siess gelöscht, die Elsässer sind sauer!

Le mépris envers les Elsässer a encore frappé. La dernière victime en date est "Sür un Siess", une émission culinaire très populaire, diffusée tout les samedis après-midi sur France 3 Alsace. Animée par le Chef étoilé Hubert Maetz et la délicieuse Simone Morgenthaler, elle était devenue le dernier espace du petit écran où résonnait encore notre Müetersproch, 's Elsasserditsch sans sous-titres (oula, discrimination linguistique!). Or, après 13 années d'existence, 471 recettes et invités, l'émission a été purement et simplement effacée de la grille des programmes pour faire place à une émission ganz uf franzeesch. Comme c'est chic! Et cela sans en avertir les télespectateurs! Pourquoi donc? La gastronomie alsacienne serait-elle trop grasse et donc en contradiction avec les normes d'hygiène actuelles? L'accent trop germanique ferait-il siffler les oreilles parisiennes? Autant de questions auxquelles la direction de France 3 Älsässe ne répondra pas. C'est aussi ça le service public, toujours plus proche de vous...

Alors que l'avenir de l'Alsace se joue ici et maintenant, alors qu'il faudrait mettre le paquet sur l'apprentissage et la diffusion de l'allemand (forme écrite comme orale), ceux qui nous dirigent, prennent des décisions à notre place et qui, semble-t-il, n'ont de compte à rendre à personne, (c'est à dire vous, nous, pauvres contribuables, vaches à lait obéissantes qui financent France 3 Alsace dont la qualité des programmes est, avouons-le, bien faible par rapport à ce qui se fait en BW et en Suisse) sauf à Paris, empruntent délibérément le chemin tracé après 1945 qui conduit inexorablement à faire de l'Alsace une région sans âme, un désert culturel, un être déraciné destiné à crever. Ce nivèlement vers le bas doit cesser et il est grand temps que nos endormis d'élus politiques mais aussi nos concitoyens prennent conscience de la situation de délabrement avancé dans laquelle se trouve notre région! Züe viel Ziit verlore, levons nous et ayons enfin le courage de dire NEI, jetzt langt's!

Nota Bene: Une pétition circule actuellement sur la toile. Pour manifester votre mécontentement face à cette déprogrammation stupide, rendez-vous à l'adresse suivante:

jeudi 16 octobre 2008

Joseph Rossé, catholique et autonomiste



Eminente figure autonomiste alsacienne de l'entre-deux guerres, Joseph Victor Rossé nait le 26 août 1892 à Montreux-Vieux (Alt-Münsterol), commune du Sundgau.

Il apprend le métier de boulanger et intègre l'Ecole Normale de Colmar où il sort premier de sa promotion. Mobilisé en août 1914, aussitôt réformé puis remobilisé en 1916, il est envoyé sur le front russe. Il est fait officier de l'armée impériale allemande en 1918 et décoré de la croix de fer de 2ème classe.

Professeur à l'école primaire supérieure de Colmar, militant régionaliste de la première heure, il est révoqué de ses fonctions après avoir signé le manifeste du Heimatbund. Il rejoint alors la rédaction de l'Elsässer Kurier, organe de presse de la tendance cléricale et autonomiste.

Il milite au sien de l'Union populaire républicaine (UPR), le grand parti social-chrétien alsacien. En 1928, le gouvernement français mène un dur combat contre les visées des autonomistes alsaciens. De nombreux militants de l'UPR (Elsässische Volkspartei), le parti catholique de l'époque, sont alors accusés de conspiration contre le gouvernement et inculpés. Joseph Rossé, qui vient d'être élu député, est déchu de son mandat, condamné à un an de prison et à cinq ans d'interdiction de séjour pour complot contre la sûreté de l'État, condamnation partagée avec son camarade de la Volkspartei Eugène Ricklin, l'ancien président du Landtag Elsass-Lothringen.

Amnistié en 1931, il fonde le groupe de jeunesse de la Volkspartei (Jungvolkspartei). Réélu en 1932, il participe à la création du groupe parlementaire des Républicains du centre, puis, en 1936, après une nouvelle réélection, du groupe des Indépendants d'action populaire. Il est aussi depuis 1932, directeur des éditions catholiques Alsatia.

Farouchement pacifiste et anticommuniste comme tout les cléricaux de l'époque, il approuve les accords de Munich. Soupçonné en 1939 d'être un agent de la propagande hitlérienne en France, il est à nouveau arrêté, transféré à Nancy et accusé, avec d'autres leaders autonomistes alsaciens et lorrains (les Nanziger), d'atteinte à la sureté extérieure de la France. Il est successivement transféré dans plusieurs maisons d'arrêt. Les Allemands retrouvent sa trace et le libère après la signature de l'armistice. Pendant l'occupation, il restera à l'écart de la collaboration avec les nazis, qui se méfiaient de lui, car il exerce alors une grande influence sur le milieu catholique. Lors de l'attentat contre Hitler, Joseph Rossé, alors en relation avec les conjurés allemands, est activement recherché par la Gestapo. Il passera entre les mailles du filet. Après la retraite allemande, il se présente de lui même, en février 1945, aux autorités françaises et est immédiatement arrêté. Jugé en 1947, il est honteusement présenté comme l'instigateur d'une 5ème colonne en Alsace, responsable des malheurs qui ont frappé la région pendant la guerre. Les Français ont pris leur revanche sur le camouflet infligé par les autonomistes lors du procès de Colmar de 1928. Condamné à 15 ans de travaux forcés, il décède en 1951 dans la centrale d'Eysses (prison pour collaborateurs français) dans le Lot-et-Garonne, bien loin de sa Heimet et oublié par ses compatriotes, lui qui avait tant défendu les droits des Alsaciens. Il repose en paix au cimetière de Colmar.

Rossé lors de son procès. Alea jacta est, "le traitre Rossé va payer!".
(Actualités françaises, 05/06/1947)

Le livre "Joseph Rossé-Itinéraire d'un Alsacien ou le droit à la différence" a été publié aux éditions Do Bentzinger. Cette biographie unique et sincère est signée Gabriel Andres (actuellement épuisée).

jeudi 9 octobre 2008

Land un Sproch #168 / Tonic #120



  • Lumière sur le gallois, une langue qui refuse de mourir et qui se donne les moyens de sa renaissance (à méditer!)
  • Entretiens avec Eugène Philipps (essayiste et écrivain) et Odile Uhlrich-Mallet (vice-présidente du conseil régional et adjoint au maire de Colmar)
  • Die Regression der Regionalsprache: Verdrägung, Sprachverhalten und Identitätskrise (Pierre Klein)
  • Retour sur la dernière du festival Summerlied

mercredi 1 octobre 2008

Fusion départements/Région: une Alsace au rabais

Nos élus alsaciens (majoritairement UMP) ont applaudi et certains de nos concitoyens semblent s'enthousiasmer un peu trop vite suite à l'annonce du gouvernement d'une probable fusion départements/région qui se traduirait, à titre expérimental, par la création d'une assemblée unique, le Conseil d'Alsace. Rappelons que cette entité territoriale unique et historique est plébicitée par plus 90% des Alsaciens (sondage DNA 2007). Or il apparaît, sous couvert de décentralisation -en France de 2008, on ne parle ni de fédéralisme encore moins d'autonomie- que cette fusion sauce Sarkozy n'accordera pas plus de plus de pouvoir à l'Alsace. Il s'agit d'un plan orchestré par Paris et servant uniquement les intérêts de Paris! Pire, c'est bien une "départementalisation des régions" qui risque de voir le jour. Les propos de JF. Copé, prez' des parlementaires UMP, sont assez éloquents:

"Parmi les pistes, il y en a une qui pourrait être intéressante à creuser, c'est celle qui consiste à imaginer qu'on ait une seule collectivité et que celle-ci soit composée d'élus ayant une assise territoriale, un peu sur la base des conseils généraux (actuels), mais avec des cantons dont la circonscription serait plus grande"

Tangotänzer ou comment avancer d'un pas pour reculer de deux! En perspective, redéfinition du système électoral -exit les conseillers régionaux-, découpage des circonscriptions, "transfert de compétences" couteuses de l'Etat à la Région et une Alsace départementalisée qui s'intègrerait parfaitement dans un bidule nommé Région Grand Est, un vieux mythe jacobin. Alors, heureux? Vous l'avez voulu cette fusion, la voilà! Circulez, y'a rien à voir!

Cependant le problème de fond n'est pas la fusion (on peut lui donner le nom et le contenu que l'on veut bien lui donner) mais bien la relation qu'entretient l'Etat français avec ses Provinces qui est, on le sait, loin d'être saine et productive. L'Etat français actuel à besoin des régions soumises pour assoir son pouvoir. C'est la condition sine qua non de sa survie. Et qu'importe que les systèmes politiques en Allemagne, en Suisse ou en Italie soient plus performants et plus démocratiques. Tel un rappel à l'ordre face aux tentations régionalistes (zelleriennes?) et qui résonne comme un terrible aveu, l'actuelle ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie déclarait au Congrès des Régions de France (à Strasbourg!): "Je ne crois pas qu'on puisse passer d'un modèle jacobin à un fédéralisme qui n'est pas notre identité". Alors qui peut encore croire à une (r)évolution politique et institutionnelle de la France? Vous, peut-être. Nous NON car nous savons à qui nous avons à faire en face!

mardi 23 septembre 2008

Straßburgs Wappenschild


Die Gottesgei
ßel steht am Rhein,
Die Hunnenschaar steht hinterdrein
's sind Donerwolken vor dem Sturm.
"Wie heisst die Stadt mit Maur und Thurm?"

"Die Silberstadt, Argentorat,
Argentorat, die Römerstadt!"
"Die soll mir werden ohn' Erlaß
Nach Gallien eine blut'ge Straß!"

Und wie ein Wetter stürmt das Heer
Brennend und mordend zur Stadt daher;
Schutt liegt auf Schutt, Blut rollt über Blut,
Blutig drauf glüht die Abendglut.

So haut sich Etzel ohn' Erlaß,
Nach Gallien ein blut'ge Straß,
Und noch in Straßburgs Wappenbild
Flammt die Blutstraß roht im Silberschild.

August Stöber

Ueber die Entstehung des Straßburgischen Wappens sind verschiedene Meinungen aufgestellt worden. Die Einen halten die rothe Strasse für das Sinnbild des Blutes, welches die Hunnen bei ihrem fürchterlichen Zuge fliessen machten. Andere glauben darin das Blut zu sehn, welches die Bewohner Straßburgs für die Religion und das deutsche Reich verströmten. Ptolemäus, im zweiten Jahrhundert nach Christi Geburt, ist der erste Schriftsteller welcher von Argentoratum spricht; später wird die Stadt auch Argentina genannt. Unter Antonin Caracalla erhielt sie die Rechte und den Namen einer römischen Stadt, und die achte Legion zur Besatzung, was viele in der Nähe und in der Stadt selbst augefundene Grabmäler, Urnen uzw bestätigen. Der Name Stratiburg kam unter der fränkischen Herrschaft auf. "Merkwürdig ist die älteste Ableitung dieses Worts, die sich in einem Manuscripte auf Pergament in der Bibliothek der Königin Christina in Rom befindet. Dieser zufolge ist Strati ein fränkisches Wort und bedeutet Silber, so dass Stratiburg, eine Uebersetzung des falsch verstandenen Wortes Argentatorum, Silberstadt hieße."



lundi 22 septembre 2008

Mr welle bliwe wàs mr sìn!

jeudi 18 septembre 2008

Der Kampf geht weiter

Conscients du combat commun qu'ils mènent pour la Liberté et la survie de leur peuple, Bretons, Alsaciens, Flamands et Corses se rencontrent un 9 septembre 1927 à Rosporden (Cornouaille/Bro Kernew) et pour la première fois dans leur histoire se donnent une main fraternelle. Le 12 septembre se réunissent au congrès de Quimper/Kemper le représentant du Heimatbund d'Alsace-Lorraine Paul Schall, les Bretons Morvan Marchal (le père du drapeau Gwen ha Du), Olier Mordrel et l'autonomiste corse Petru Rocca. Ensemble, ils créent le Comité Central des Minorités Nationales de France visant à faire bloc face à la peste jacobine et défendre les intérêts des peuples minoritaires. 80 ans plus tard, les patriotes n'oublient pas le sacrifice de ces hommes. Le combat pour l'Europe aux 100 drapeaux continue et nous ne lâcherons RIEN. Breizh-Elsass, zwei Völker, ein Kampf um die Freiheit!

M. Marchal (à gauche) saluant P. Schall. Au fond, des militants de Breizh Atao

lundi 15 septembre 2008

Adieu Vivre l'Alsace, vive Tonic!



Comme certains ont pu le remarquer, le bimensuel Vivre l'Alsace-Rot un Wiss a cessé de paraitre depuis quelques mois. Oui... mais non. C'est le mensuel régional humoristique et satirique Tonic qui reprend les affaires en main en incluant 16 pages de Vivre l'Alsace-Rot un Wiss et sans aucune augmentation prix-inflation connait pas-2€90 dans les grandes surfaces et chez vot' marchand de journaux. Lang lebe die Ehe! Pourvu que ça dure!

Le sommaire du numéro 119

Blague belge...

Arnold d'Oreye de Lantremange, bourgmestre de Crainhem (banlieue de Bruxelles), membre du Front démocratique des francophones se confie au quotidien l'Alsace (14/09/08) au sujet d'un hypothétique rattachement de la Wallonie à la France.


« Certes, il y aurait toujours possibilité d'envisager des dérogations législatives et règlementaires pour permettre aux Belges de garder certaines traditions politiques, comme cela a été fait chez vous pour l'Alsace et la Moselle. Mais en regardant de près, il faudrait pratiquement que toutes les lois restent spécifiques à la Wallonie. »


vendredi 12 septembre 2008

Chroniques alsaciennes

  • Le ciel strasbourgeois a bien failli tomber sur la tête des parlementaires européens. Le front anti-Strasbourg (anglo-saxons et libéraux allemands), casque de chantier visé sur la tête, tente de mettre à mal la position si fragile de Strasbourg. Résultat, aucune session parlementaire en septembre à Strasbourg. A la "capitale européenne", les euro(sceptiques)députés préfèrent la capitale d'un pays au bord de l'éclatement en proie à une âpre lutte linguistique entre francophones et flamingants? Impossible de ne pas y voir une nouvelle manœuvre pour affaiblir un peu plus l'Union européenne politique à la dérive.
  • Adrien Zeller, président de la région Alsace, aurait suspendu toute relation avec Moscou suite au conflit géorgien. A quand des missiles Patriot sur le Ballon de Soultz et Condy Rice Statthalter d'Alsace? Dans un même temps, sinomanie de ces dernières semaines oblige, l'Alsace a signé un partenariat avec la province chinoise du JiangSu. Qu'on se rassure, malgré les tensions internationales et cette indignation de façade, les affaires ne s'arrêtent pas!
  • 7ème et dernière édition du Summerlied à Ohlungen... remplacé par un "festival européen des cultures des régions" vraisemblablement organisé à Strasbourg-deux rives. Difficile d'imaginer que cette initiative puisse déboucher sur autre chose qu'un festival des vieilles charrues-bis. Nous tenons à signaler qu'un concours européen des cultures des régions, certes assez confidentiel, existe déjà. Il se nomme Liet-Lavlut et rassemble chaque année des amateurs de musique traditionnelle issus de différentes minorités ethniques d'Europe (baltes, bretons, occitans, frisons). Pour l'instant, aucun artiste n'a daigné représenter l'Alsace et aucune commune alsacienne n'envisage d'accueillir ce festival unique en son genre... schàd d'fer.
  • Le RCS sèchement éliminé 2:1 de la coupe de la Ligue par les Bastiais. Seuls 5000 irréductibles ont occupé (légalement) les gradins de la Meinau.
  • Comme chaque année en automne, les feuilles tombent. Mais paradoxalement, de petites Hakekrìze fleurissent ici et . Un phénomène endémique à l'Alsace! Une merveilleuse occasion pour les médias hexagons de braquer leur caméra sur notre région soupçonnée une fois de plus d'être un foyer de néo-nazisme et d'étudier la psychologie des Alsaciens. L'Alsace, jadis terre d'Humanisme serait-elle devenue terre de Vandales (tribu germanique)? Refoulement de notre passé? L'intolérance est-elle inscrite dans notre patrimoine génétique? Même l'archéologie a tenté de donner une réponse à cette question en mettant au jour les goûts vestimentaires douteux des femmes alamanes et franques... quand on vous dit que l'origine de cette tare remonte loin!

mardi 9 septembre 2008

Ricklin, le Lion du Sungau


Eugène Ricklin est né le 12 mai 1862 à Dannemarie (Dammerkirch), d’un père hôtelier sundgauvien et d’une mère alsacienne, Catherine Kayser. Après des études au collège de Belfort, il fréquente les lycées d’Altkirch et de Colmar. On le retrouve ensuite en Allemagne, à Ratisbonne, puis Fribourg-en-Brisgau, Munich et Erlangen où il fait ses études de médecine.

Manifestant très jeune une forte inclinaison pour la justice et la défense de l’homme du peuple, il est remarqué dès l’âge de 29 ans et on lui propose d’entrer au conseil municipal de sa ville. A 34 ans, il prend la succession de M. Flury, décédé, et devint maire de Dannemarie (1898).

Détesté par les autorités pour son franc-parler, à la suite d’une plainte déposée contre lui pour offense à l’empereur et pour le sanctionner d’avoir revendiqué le statut de Bundesstaat pour l’Alsace-Lorraine, il est destitué en 1902 de son poste de maire par l’administration allemande et remplacé par le notaire Centlivre, alors l’homme des Allemands. Ricklin resta néanmoins membre du conseil municipal jusqu’en 1908.

En 1896, comme successeur de Flury, il entre au Bezirkstag de Haute-Alsace (dont il devient le président durant la guerre). En 1900, le Bezirkstag, l’envoie au Landesausschuss de Strasbourg, à la place d’Anton Cassal de Ferrette, décédé et en 1903, il siège au Reichstag de Berlin, ayant remporté les élections pour la députation dans la circonscription de Thann-Altkirch.

Mais son ascension ne s’arrête pas là. Son autorité, sa droiture et ses compétences, lui assuraient, au sein de son parti, le Zentrum, le respect et la considération de tous. De sorte qu’après la première élection au suffrage universel pour le Landtag, élu avec un certain nombre de ses collègues du Zentrum ( qui obtient la majorité relative ), il peut devenir le premier président de la seule institution parlementaire de l’histoire alsacienne.

Pourtant, ses relations avec les Allemands ne sont pas des meilleures. Dans sa famille, il arrivait même qu’on parlât français. Lui-même resta toujours fidèle au peuple alsacien dont il ne cessa de défendre ardemment les intérêts, face à l’administration impériale. C’est de là que lui vint le surnom de "Lion du Sundgau" (D’r sundgauer Leeb). D’ailleurs, il ira même jusqu'à refuser le Roten Adlerorden qu’on voulait lui décerner.

Avant que la guerre n’éclate, il œuvre inlassablement pour la préservation de la paix et, en 1913 et 1914, se rend en compagnie de l’abbé Haegy, aux conférences de la Paix de l’Union interparlementaire de Berne et de Bâle où il rencontra d’autres militants pacifistes, comme Jean Jaurès.

Durant la guerre, pour avoir défendu énergiquement son ami Médard Brogly, accusé de francophilie par un tribunal militaire allemand, il est sanctionné et muté dans le nord de la France.

Puis, la guerre finissant, voyant que l’autonomie complète accordée par les Allemands arrivait trop tard (1918), il lança l’idée du Nationalrat pour tenter de sauver les acquis politiques alsaciens par une négociation avec les Français. Il prend l’initiative de sa convocation le 12 novembre 1918. Élu à la présidence du Nationalrat, il propose de soumettre à l’acceptation des autorités françaises un texte où seraient garantis les droits alsaciens qu’il savait menacés par le jacobinisme français. Mais le vent avait tourné et, avec lui, bien des vestes parmi les anciens du Landtag. La suite prouva à Ricklin que ses craintes étaient justifiées, il fut mis en minorité. Une majorité de parlementaires du Zentrum, avec les socialistes, ne voulait pas irriter la France et préférait s’en remettre aux promesses des généraux. La fin du Nationalrat, transformé en Conseil national avant de se saborder, est connue. Tout le reste de sa vie, Ricklin reprocha aux membres du Nationalrat d’avoir alors « loupé le coche ».

Avec l’arrivée des Français, le Docteur Ricklin connaît ses plus dures épreuves. Ils le considèrent en effet comme l’homme le plus à craindre en Alsace. Aussi cherchent-ils par tous les moyens à l’éliminer de la scène politique pour conserver les coudées franches dans le lancement de la politique de francisation, mûrement préparée à Paris depuis des années. Il s’agit aussi pour eux de l’empêcher de prendre part à la reconstruction du Zentrum-Elsass Lothringen pour laquelle les débats commencent en février 1919. On le traîne donc devant les Commissions de Triage et, au mois de mars, l’ancien président du Landtag d’Alsace-Lorraine, est expédié en résidence forcée dans la zone occupée près de Kehl (pendant quelque temps, il est même jeté au cachot). Malgré la protestation de l’ensemble des maires et des curés de Dannemarie, y compris ceux des communes francophones dont il a toujours pris la défense du temps des Allemands, il n'est autorisé à rentrer qu’en novembre 1919, après les élections législatives dont on voulait l’écarter. A son retour d’exil dans sa ville natale, ruiné, il doit encore affronter un complot destiné à l’abattre professionnellement.

Mais Ricklin est un battant et n’abandonne pas le combat politique pour autant. Écœuré, comme beaucoup, par le comportement des Français, en décembre 1925, il revient à la vie publique, d’abord en intégrant le comité de rédaction de la Zukunft, puis en se joignant à l’équipe qui initia le manifeste du Heimatbund (7 juin 1926). C’est sous sa direction que le comité du Heimatbund entre en relation avec les autonomistes bretons et corses, et développe la stratégie du Einheitsfront.

Les élections législatives de mai 1928 approchant, Poincaré tente d’empêcher les autonomistes en train de se structurer d’y prendre part. Six journaux autonomistes sont alors interdits et les leaders en vue du mouvement arrêtés : parmi eux, Joseph Rossé, Hauss et le Docteur Ricklin. A 66 ans, le 16 mars 1928, Ricklin est conduit menotté à travers la ville de Mulhouse pour être écroué.

Mais Rossé et Ricklin ne se laissent pas intimider et, du fond de leur cachot, se portent néanmoins candidats pour l'Union populaire républicaine. Leur popularité ne se dément pas car ils sont élus députés, bien qu'étant en prison. Du jamais vu en Alsace!

Après une parodie de procès, ils sont condamnés, puis, devant le tollé général, relâchés le 14 juillet par une grâce présidentielle. Ricklin est accueilli triomphalement dans tout son Sundgau natal où la population fait bloc derrière lui, au point de l’élire encore au conseil général, en octobre 1928.

Le gouvernement français tente alors d’organiser un tir de barrage, en manœuvrant pour l’invalidation du mandat des deux députés Rossé et Ricklin, au prétexte que la grâce présidentielle ne leur a pas rendu la plénitude de leurs droits civiques. Les députés français se rangent à l’avis du gouvernement et votent leur invalidation par 195 voix pour, 29 contre, et 416 abstentions. On fait de même pour leur mandat de conseillers généraux que le Conseil d’État invalide le 22 mars 1929. Mais Ricklin et Rossé remettent ça. Ils se portent à nouveau candidats et, une nouvelle fois, le 2 juin suivant, sont réélus confortablement. Il faut au Conseil d’État ressusciter un décret organique datant du 2 février 1852 pour pouvoir prononcer une nouvelle invalidation. Sur la pression constante, on promet alors l’amnistie pour Ricklin.

En signe de protestation, et pour qu’il soit enfin amnistié et réhabilité totalement, six députés autonomistes alsaciens, en mai 1931, lors de l’élection du président de la République française par le Parlement, vont glisser dans l’urne un bulletin au nom du "Docteur Eugène Ricklin, ancien président du Parlement d’Alsace-Lorraine".

Le Docteur Eugène Ricklin, en fait, tout en continuant à jouir d’une formidable popularité, ne se remettra jamais de n’avoir pas été officiellement réhabilité durant toutes ces années.

Il meurt le mercredi 4 septembre 1935 à 20h20, après un long séjour à l’hôpital de sa ville natale, Dannemarie.

source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Eugène_Ricklin

mercredi 3 septembre 2008

Plateforme Unsri Heimet! en ligne

Chers lecteurs/lectrices,

comme vous l'avez sans doute remarqué, l'équipe d'Unsri Heimet! à mis dernièrement en ligne une plateforme d'accueil. Rassurez-vous, notre blog est toujours accessible à partir de blogspot mais notre adresse s'enrichit en vous proposant un nouveau site à la mémoire du Dr Karl Roos qui retrace sa vie et son combat politique pour le respect des droits alsaciens-lorrains. Il est par ailleurs richement illustré de photos et de dessins d'époque. Sont aussi disponibles en ligne quelques extraits de textes rédigés par Karl Roos.

Que la flamme du souvenir soit ravivée et que le combat pour l'Alsace continue!

Rendez-vous donc sur:
notre nouvelle plateforme: www.unsri-heimet.eu
le site à la mémoire de Karl Roos: www.unsri-heimet.eu/karlroos/accueil.html

et lisez le blog UH: www.unsri-heimet.blogspot.com

L'équipe Unsri Heimet!

mercredi 27 août 2008

Le torchon brûle-t-il?

Alors que rien ne va plus dans le Caucase, on nous fait savoir,de source sûre, que le président de la Fédération Iouri Germanov a officiellement reconnu l'indépendance de l'Alsace et de la Lorraine.

"J'ai signé les décrets de reconnaissance par la Fédération de l'indépendance de l'Alsace et de la Lorraine. La fédération appelle les autres Etats à suivre son exemple". "Vu la politique d'assimilation culturelle et linguistique menée pendant tant des décennies par la Françie, il est de notre devoir d'encourager nos frères à se libérer de ce joug étatique." a-t-il ajouté.

Colère du coté de Lutetia, qui accuse la Fédération de vouloir faire main basse sur les ressources du pays (puits de pétrole de Pechelbronn, mines de potasse d'Alsace méridionale, aciéries lorraines) et de "préparer une épuration ethnique".

Réponse des Fédérés: "La Françie, annexant de facto ces territoires et cela 3 fois au cours de son histoire sans le consentement de la population autochtone, s'est elle livrée en 1918 comme en 1945 à une épuration de citoyens alsaciens-lorrains et à recouru à une immigration massive de fonctionnaires venus d'Outre-Vosges. Aujourd'hui, les Alsaciens-Lorrains sont devenus une minorité non-reconnue par le pouvoir central. Assez! Au droit des nations en carton-pâte nous lui substituons le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes."

L'Alémanie n'a pour le moment pas souhaité réagir à cette affaire provoquant une certaine irritation chez les Francs, son silence faisant "le jeu de la Fédération". L'ONU quant à elle a souligné les "manquements graves" de la Françie à l'encontre des droits de l'Homme et de ses minorités ethniques. Elle semble cependant "privilégier la voie de la médiation" afin de "calmer le jeu entre les différentes parties".

Autant vous dire que nous suivons cet évènement de très, très près...